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L'histoire de Rabastens
des origines à la fin du Moyen-Age
Mosaïque découverte à Las Peyras
(Musée du Pays Rabastinois)
LES ORIGINES (VIIIe siècle)
Les coteaux de Rabastens ont été peuplés
dès l'Antiquité, comme en témoignent les vestiges
d'une villa gallo-romaine découverts à Las Peiras
(à 1 km au nord de la ville).
La dénomination de Rabastens apparaît pour
la première fois dans une charte de 1109.
La toponymie laisse supposer cependant une origine
plus ancienne. Les noms en "ens", fréquents autour
de Toulouse, sont de consonnance germanique.
Ils dateraient de l'établissement des wisigoths
dans la région (Ve siècle).
L'éthymologie de Rabastens demeure inconnue.
Les "rabos tres" (trois raves) de son blason
résultent certainement d'un calembour, procédé
fréquent en héraldique.
Les historiens locaux font remonter les origines
de la cité à la fondation d'un
castrum
par Pépin
le Bref en 767 sur l'emplacement actuel du quartier
du Château.
Le site occupe en effet une position stratégique :
situé sur un éperon rocheux dominant le Tarn,
protégé au sud et à l'ouest par le ravin d'un
ruisseau, le Rotavolp, il permet de contrôler
un gué sur la voie qui relie Toulouse à Lyon.
LA CROISADE DES ALBIGEOIS (début du XIIIe siècle)
Au début du XIIIe siècle, la cité dépend des seigneurs
De Rabastens, proches des comtes de Toulouse (Raymond de Rabastens
est évêque de Toulouse de 1200 à 1205, Pierre Raymond fait partie
du conseil de Raymond VI).
Sceau du comte Raymond VI
Ils s'engagent résolument aux côtés des toulousains pendant
la croisade des Albigeois.
En 1211, les quarante huit co-seigneurs de Rabastens se placent
sous la protection des comtes de Toulouse auxquels ils abandonnent
une partie de leurs droits.
Le plus important d'entre eux, Pelfort de Rabastens, participe
à la défense de Toulouse lors des deux grands sièges de la ville
par les croisés, en 1211 et 1219. Il participe par la suite
à la plupart des expéditions militaires de Raymond VII.
Situé à proximité du Lauragais, épicentre du catharisme,
Rabastens a la réputation
d'être un "nid d'hérétiques" (plusieurs
membres de la famille seigneuriale ont revêtu l'habit des
parfaits ).
La ville n'oppose cependant aucune résistance aux croisés
lors de leurs incursions dans la vallée du Tarn
(en 1211, 1212 et 1213),
mais rallie chaque fois le camp occitan après leur passage.
Comme de nombreuses cités du Sud de la France, Rabastens paie
chèrement sa fidélité aux comtes de Toulouse : en
application du Traité de Paris (1229), la ville est contrainte
de détruire ses fortifications. Seule aujourd'hui la place
du Plô des Chevaliers évoque l'existence de l'ancien
château.
L'inquisition met cependant un siècle pour extirper l'hérésie
de la ville : Bélibaste, le dernier des parfaits, aurait séjourné
à Rabastens durant sa jeunesse.
LA PROSPERITE (fin du XIIIe siècle)
La paix revenue, Rabastens connaît une fin de XIIIe
siècle prospère grâce à son vignoble, alors le plus
vaste du gaillacois.
Le vin de Rabastens est particulièrement estimé pour sa qualité
(en 1259, il se vend environ trois fois plus cher que celui
de Gaillac). Il est exporté vers Bordeaux à l'aide de gabares
qui descendent le Tarn.
Le développement du Borg Meja (Bourg Moyen, par opposition
aux faubourgs situés hors des murs) date de cette époque
(le tracé des rues à angles droits est caractéristique de
l'urbanisme du XIIIe siècle).
L'église Notre Dame du Bourg est édifiée entre 1235 et 1270
sur l'emplacement d'un prieuré fondé au XIIe siècle par
les moines de l'abbaye de Moissac.
Sa construction aurait été financée par
les biens confisqués aux hérétiques rabastinois.
Initialement constituée d'une simple nef rectangulaire, l'église
est dotée au début du XIVe siècle d'un choeur imposant
inspiré des églises toulousaines.
Son embellisement est du à la situation de Rabastens sur la route
des pélerinages du Puy en Velay à Saint Jacques de Compostelle.
Plusieurs établissements religieux fondés à cette époque (dont
seules aujourd'hui certaines rues conservent la trace) témoignent
de ce rôle de ville étape : le Couvent des Cordeliers,
l'Hospice Saint Jacques.
LA GUERRE DE CENT ANS (XIVe siècle)
En 1320, la ville subit les exactions des
pastoureaux,
qui s'en prennent à la communauté juive.
A partir de 1337, débute la Guerre de Cent Ans.
Toute la région est la proie des
routiers,
employés par les
différents belligérants, qui vivent sur le pays entre deux
campagnes militaires.
En 1381, plusieurs milliers d'entre eux sont massacrés sous
les murs de Rabastens par Gaston Fébus, comte de Foix et de
Béarn.
C'est la vision de cette bataille depuis les remparts
de la ville qui aurait déclenché les révélations de
Constance de Rabastens.
Aux maux de la guerre se rajoutent rapidement les ravages de la
peste noire.
Celle-ci apparait en 1348 dans l'Albigeois où elle
provoque la mort d'environ un habitant sur deux. Elle reste
endémique pendant plusieurs dizaines d'années, avec des
pointes en 1361, 1375 et 1385.
La population des villes, affaiblie par la disette, sans hygiène ni
moyen de défense contre la maladie, est particulièrement
vulnérable (Rabastens compte à l'époque plus de 2000 habitants).
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dernière mise à jour : 15/04/07
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